Adoptée en 2024, la directive européenne EmpCo (Empowering Consumers for the Green Transition) marque un changement profond dans la manière de communiquer sur les performances environnementales des produits et services. Son objectif est clair : mettre fin au greenwashing et renforcer la confiance des consommateurs.

Pour les entreprises des industries graphiques, directement concernées par les enjeux de papier, d’impression et de communication responsable, cette directive constitue à la fois une contrainte… et une opportunité.

Une exigence de transparence accrue :

La directive EmpCo interdit désormais toute allégation environnementale vague ou non démontrée. Des termes comme « écologique », « vert » ou « respectueux de l’environnement » ne pourront plus être utilisés sans preuves concrètes, mesurables et vérifiables.

Cela implique :

  • Une justification rigoureuse des arguments marketing
  • Une traçabilité des impacts environnementaux
  • Une communication plus factuelle et encadrée

Des labels environnementaux sous contrôle :

EmpCo encadre strictement l’usage des labels. Seuls les labels reposant sur des systèmes de certification reconnus et indépendants seront autorisés.

Dans le secteur graphique, cela renforce la crédibilité de démarches déjà bien installées, comme :

  • Forest Stewardship Council (FSC), garantissant une gestion responsable des forêts
  • Programme for the Endorsement of Forest Certification (PEFC), basé sur des standards internationaux de gestion durable
  • Imprim’Vert, label français reconnu pour la gestion des déchets dangereux et la réduction des impacts environnementaux

Ces certifications deviennent des atouts stratégiques majeurs, car elles répondent déjà aux exigences de transparence et de vérification imposées par la directive.

La directive impose également une meilleure information sur :

  • La durée de vie des produits
  • Leur réparabilité
  • La disponibilité des pièces détachées

Même si ces aspects concernent davantage certains secteurs industriels, ils participent à une logique globale : lutter contre l’obsolescence programmée et promouvoir une consommation plus responsable.

Les entreprises qui continueraient à utiliser des arguments environnementaux trompeurs s’exposent à :

  • Des sanctions financières
  • Des actions en justice
  • Une atteinte à leur réputation

La vigilance devra être particulièrement forte sur les supports de communication (plaquettes, sites internet, campagnes commerciales…).

À retenir

La directive EmpCo impose un principe simple : on ne pourra plus affirmer sans démontrer.

Dans un contexte où les clients sont de plus en plus attentifs à l’impact environnemental de leurs supports de communication, cette évolution renforce la nécessité d’une approche rigoureuse, sincère et documentée.

Pour la filière graphique, déjà engagée sur ces sujets depuis longtemps, c’est une occasion de transformer une obligation réglementaire en avantage concurrentiel durable.